42 kilomètres et des poussières plus tard

10 novembre 2017

Par Edgar

Catégorie : Nouvelles

Juliette Leconte

Saviez-vous que sur le parcours d’un marathon, en plus de suivre des lapins, on doit franchir un mur et on a le temps de bavarder avec ses compagnons de fortune?

Par un beau vendredi ensoleillé, je suis allée écouter le récit du premier… marathonien de l’histoire edgarienne. Notre directeur des relations clients, j’ai nommé Pier-Etienne Coulombe, a surmonté l’épreuve suprême des adeptes de la foulée en 3 h 17 min et 13 s, à Toronto, le 22 octobre dernier. Alors, participer à un marathon, ça consiste en quoi?

C’est bien sûr un dépassement physique : beaucoup d’entraînement, des sorties qui se succèdent, des distances qui s’étirent, de l’eau, de la sueur, des pâtes. Pier-Etienne s’est attelé à sa préparation plusieurs mois à l’avance, ne faisant que renforcer un programme sportif déjà bien rempli (il rentre ainsi très souvent du travail en courant, sous la pluie, sous le vent, sous la neige – la terrible tempête hivernale de mars 2017 ne l’a d’ailleurs pas fait reculer). Pendant la course elle-même, un épuisement généralisé s’est évidemment fait sentir, mais sans avoir raison de notre collègue : Pier-Etienne a été épargné par le « mur », cette panne d’essence tant redoutée qui survient généralement vers le trentième kilomètre et peut faire défaillir les sportifs même les mieux préparés.

Le marathon, c’est aussi et surtout une question de mental et de gestion du temps. De mental, car il faut réussir à mobiliser toutes ses ressources intérieures pour se persuader que oui, on va aller au bout de ce qui semble interminable. Se faire suffisamment confiance pour savoir que oui, on est capable, quand tout laisse croire le contraire. De gestion du temps, car il faut justement veiller à le prendre, ce temps, et ce, bien avant ladite épreuve. Ne pas s’emballer quand on se met à la course en se lançant des défis trop ambitieux, suivre ensuite son propre rythme sans se comparer, et enfin doser son effort le jour J pour tenir jusqu'au bout. À tel point que pour adopter une vitesse appropriée sur le parcours, il est fréquent de papoter avec ses voisins de peloton. Si l’on n’est pas capable d’aligner quatre mots, c’est qu’il faut ralentir.

À voir Pier-Etienne parler avec autant de sérénité de son expérience, on se dit que tout est possible, que même nous, les coureurs occasionnels du mercredi et du dimanche – à la belle saison s’il vous plaît –, on pourrait survivre à un marathon. Et c’est d’abord ça que j’ai retenu de cet échange. Ou peut-être la douleur qui a le plus fait souffrir notre athlète, celle qu’il a ressentie les jours suivants en descendant les escaliers (tous les coureurs courbaturés de ce monde la connaissent, avec une intensité variable).

À la fin de notre discussion, je demande à Pier-Etienne sur un ton entendu si la prochaine étape est de venir à bout d’un Ironman. Il me répond à la blague qu’il y a des courses encore pires que ça (le déca Ironman, jugez par vous-même), et que pour l’instant, son objectif est de terminer un Pentathlon des neiges en individuel. Déjà tout un programme. On lui souhaite bonne route!

Si vous avez lu jusqu’ici, vous méritez de savoir comment diable des lapins se retrouvent parmi les coureurs d’un marathon.