La communication fait la Force

19 novembre 2018

Par Geneviève

Catégorie : Nouvelles

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En matinée, nous nous attroupons au sous-sol pour apprendre à conjuguer non pas des verbes, mais bien des services : traduction et conseil. C’est Sophie Martineau et Laurent Lavallée – deux Edgariens ferrés en relations avec les clients – qui nous éclaireront sur le sujet. Usant d’une analogie starwarsienne, ils nous inciteront à passer « du côté lumineux de la Force ».

L’objectif : apprendre à bâtir une bonne relation avec le client, dite « lumineuse », afin que le traducteur puisse devenir un « collaborateur de confiance, qui agit en amont comme en aval pour créer une communication à valeur ajoutée »1. Pour ce faire, le traducteur doit savoir prendre sa place.

Gardons en tête que les clients ne sont pas nécessairement des langagiers; ils ne connaissent souvent pas toutes les dimensions du travail de traduction. Ils ne savent pas tous les détails qui entrent en compte dans nos choix, tous les efforts visant à assurer la cohérence terminologique, à respecter le ton et à adapter le texte au public cible. C’est donc à nous de les en informer.

À l’inverse, il arrive que le client soit très conscient de tout ça et qu’il s’échine à passer notre travail au peigne fin pour assurer le respect des normes internes. Dans ce cas-là, le traducteur peut lui faire savoir qu’il aurait été (beaucoup) plus simple pour toutes les parties que ces préférences soient communiquées avant le début du projet (d’où l’utilité pour le traducteur de prendre les devants, ce que nous verrons plus loin)!

Bref, des clients, il n’y en a pas deux pareils. Chez Edgar, les demandes viennent parfois d’un service linguistique interne, parfois d’une seule personne et parfois de diverses équipes ne se parlant pas toujours entre elles. Autant de variables qui jouent sur la relation entre le traducteur et le client.

C’est simple, au fond : si les meilleures traductions sont celles qui sont adaptées au contexte, les meilleures relations client sont celles qui favorisent la communication de ce contexte.

Se faire valoir comme spécialistes

Alors, comment faire valoir notre compétence et nous imposer comme spécialistes? À l’aide d’exemples parlants, Sophie et Laurent étayent trois principes : l’opportunité, l’approche et l’ouverture.

Le traducteur doit créer des occasions – et saisir celles qui se présentent – pour donner au client un aperçu de sa réflexion (réflexion qui assurera d’ailleurs son avenir, puisqu’elle le distingue d’un simple outil de traduction automatique). Concrètement, il posera des questions pour clarifier le contexte, recueillir l’information utile et, surtout, « manifester son souci du résultat ».

Qui sont l’auteur et le destinataire? Ce texte fait-il partie d’un projet? A-t-on déjà traduit d’autres documents en lien avec celui-ci? Y a-t-il des documents de référence sur le sujet ou des guides de rédaction maison? La traduction sera-t-elle révisée à l’interne?

Communiquer avant, communiquer après

Vous aurez compris que, dans l’idéal, un dialogue précède le projet. À cette étape, le traducteur peut d’ailleurs s’appuyer sur ses collègues (réviseurs, équipe de gestion des demandes, responsables des relations externes) pour faciliter la planification.

Mais les formateurs insistent : les échanges doivent se dérouler en amont ET en aval. Car en traduction, comme dans toute profession, il ne faut pas négliger le service après-vente! Pourquoi ne pas demander au client d’envoyer ses révisions finales afin d’en tenir compte dans les prochains mandats? Le traducteur témoigne ainsi de son ouverture, et peut en profiter pour demander des clarifications et s’enquérir des projets à venir.

Sans oublier les notes à la livraison, outil fort utile pour renforcer la relation avec le client. Mais encore, comment les formuler? Sophie et Laurent y vont d’exemples tournés avec juste ce qu’il faut de doigté pour s’exprimer clairement sans froisser d’ego. Encore là, c’est l’occasion d’expliquer notre réflexion, de signifier notre ouverture aux questions et même de proposer des solutions.

En fin de compte, tout le monde gagne lorsque des efforts sont faits pour améliorer la relation traducteur-client : le client sait son texte entre bonnes mains, le traducteur travaille en toute connaissance de cause et le lecteur a droit à un texte efficace.

 

Cliquer ici pour en lire plus sur la journée de formation 2018 d’Edgar.

 

 

1 LAMBERT, Marc. « Informatisable, délocalisable? Un statut social fragilisé pour le traducteur », Circuit, n131, été 2016 (http://www.circuitmagazine.org/dossier-131/informatisable-delocalisable-un-statut-social-fragilise-pour-le-traducteur).