Les services professionnels

6 mai 2020

Par Edgar

Catégorie : Articles

Il n’y a pas de façon polie de le dire (mais j’essaie fort)

Marie-Eve Castonguay

Ma coiffeuse travaille les cheveux comme un·e Edgarien·e un texte : avec minutie et savoir-faire – avec art. Je lui confie mes cheveux depuis plus de dix ans. Chaque fois, je lui donne une idée générale de ce que je souhaite, puis je la laisse créer la coupe et l’agencement de couleurs selon son inspiration du moment.

Karianne est une professionnelle en qui j’ai entièrement confiance.

La satisfaction de la clientèle, c’est important. Mais si je demandais à Karianne de faire quelque chose qui, de son point de vue professionnel, n’a pas de bon sens, elle me le dirait. Avec tact.

Parce que la satisfaction de la clientèle, c’est avoir à cœur le bien-être du client, et non acquiescer bêtement à tous ses caprices.

 

Par les temps qui courent, il n’est pas impossible que sévisse une nouvelle vague de coupes Longueuil. Chacun ses goûts.

Que le·a professionnel·le de la chevelure soit d’accord ou non avec ce choix esthétique, tant que ce n’est pas irréalisable (il y a sans doute des contre-indications capillaires, qu’en sais-je?), l’exécution devrait suivre les règles de l’art.

Avec le recul, on pourra discuter du bien-fondé de ce choix, pour autant que l’on ne soit pas distrait par des pointes abîmées ou une quantité de gel malavisée.

 

Mesures de distanciation physique ou non, certaines personnes choisissent de se couper ou de se teindre les cheveux elles-mêmes. Les résultats varient. (Si ça leur plaît, tant mieux, non?)

Le·a profane n’y verra souvent que du feu, alors que le·a professionnel·le remarquera tout de suite que vous avez soigné vos repousses à l’aide d’un produit disponible en pharmacie.

C’est-à-dire qu’il est fort possible qu’on envie vos talents en coiffure, que l’on complimente vos cheveux… Mais vous soumettriez-vous au jugement du Gordon Ramsay du ciseau?

 

Vous me voyez arriver avec mes gros sabots : il en va de même pour la révision. (Je suis [relativement] polie, mais peu subtile.)

On vous a souvent dit que vous étiez « bon·ne en français »? Que vous aviez une belle plume? Tant mieux.

Il y a fort à parier que vous faites des fautes quand même.

Vous ne vous en rendez pas compte. La plupart des gens non plus.

Un·e réviseur·e, oui.

Et oui, ça entache votre crédibilité.

 

Poursuivons la métaphore.

Au quotidien, que vous vous coiffiez ou non, ça ne regarde que vous.

Peut-être vous donnez-vous un coup de brosse avant une réunion (virtuelle), peut-être pas.

Et s’il s’agissait d’une entrevue?

D’une rencontre ou d’une soirée importante? Ou d’une remise de prix?

 

Moi non plus, je ne me sers pas d’Antidote pour corriger ma liste d’épicerie.

Si j’avais un article ou un manuscrit à faire relire, par contre, je demanderais à quelqu’un d’autre qu’à une connaissance qui avait de bonnes notes au secondaire.

 

Faites confiance aux professionnel·le·s.

 

P.-S. Par les temps qui courent, la coupe Longueuil, c’est impacter.