Livres, cachots et festin

20 septembre 2017

Par Edgar

Catégorie : Nouvelles

Le 8 septembre dernier, Edgar réunissait les siens pour sa 8e réunion annuelle. La grande fête de famille avait cette fois lieu au Morrin Center, un centre culturel de langue anglaise en plein cœur du Vieux-Québec. Son site n’a rien de banal : il a accueilli la Redoute Royale de 1712 à 1808, la prison commune de Québec de 1812 à 1868 et le Morrin College de 1862 à 1902. Il est aujourd’hui occupé et géré par la Literary and Historical Society of Quebec, qui s’y est installée en 1824.

La soirée a commencé par le traditionnel cocktail, tenu dans la bibliothèque du centre, dont la collection a incorporé au XIXe siècle celle de la Quebec Library, la plus vieille bibliothèque de souscription au pays. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le décor offrait de quoi se nourrir l’esprit. Mais le temps manquait (hélas) pour dévorer les livres : les Edgariens avaient après tout des pinces à serrer et des canapés à savourer. Sans compter qu’on leur proposait une visite guidée des cachots obscurs sous la bibliothèque, vestiges de la première prison moderne au Canada.

La fête s’est ensuite transportée au College Hall, une splendide salle dans le style Second Empire où résonnaient autrefois chants de chorales et débats intellectuels. Y fut servi un copieux festin préparé par Christian, le « chef maison » d’Edgar, encore une fois fidèle au poste. Au menu : lait d’or au curcuma, tartare de haricots noirs, tartare de saumon, tataki de bœuf, plateau de charcuteries et de fromages, croquettes de lentilles corail aux parfums de Provence, médaillon de bison, blanquette de lotte, suprême de pintade carbonara... Nul ne risquait de rester sur son appétit.

Pendant que les troupes se remplissaient la panse, on se succédait au micro pour dresser un bilan bien garni de la dernière année et offrir un juteux aperçu de celle à venir, en rehaussant évidemment le tout d’un soupçon d’humour. Sans oublier la pièce de résistance de toute réunion annuelle d’Edgar : l’histoire de l’entreprise racontée par son président-fondateur, Mathieu Foltz. Non pas que les vieux de la vieille se lassent d’entendre le fameux ‒ et fort détaillé ‒ récit année après année, mais Mathieu risqua une nouvelle recette. Plutôt que de servir le récit en entier, il en proposa quelques chapitres épars détaillant la genèse, le déménagement à Limoilou et les débuts à Montréal. Aussi savoureux soient-ils, nous ne pouvons malheureusement les transcrire ici, l’histoire d’Edgar s’inscrivant exclusivement dans la tradition orale, même sous sa mouture 2.0.

Celui qui nourrit de grandes ambitions, celui qui nourrit une passion et une belle brochette de gestionnaires ont ensuite annoncé les gagnants des prix Edgar 2017. Nul besoin de préciser que ceux-ci ont eu droit à des applaudissements nourris.

Histoire de digérer cette riche soirée, on tassa les tables pour révéler une piste de danse. Non loin de celle-ci, on avait aménagé un grand bar pour tous les goûts, parce qu’on sait que la soif se manifeste rapidement quand on se déhanche au rythme des morceaux qu’enchaînent les DJ Alexandre Barry et François Robitaille. La reine des alcools? L’exquise bière de la micro-brasserie Beemer, qui en a gracieusement offert une généreuse quantité à Edgar pour cette occasion spéciale. Elle a fait de nouveaux adeptes dans le temps de le dire.

Force est d’admettre que l’année 2017 fut faste pour Edgar et que la réunion annuelle 2017 rassasia les Edgariens. Et si nous en avons perdu quelques-uns dans les livres de la bibliothèque, nous n’avons oublié personne dans les cachots. À moins que… Hé! Quelqu’un a vu le p’tit nouveau?