Techniquement parlant

23 novembre 2018

Par Edgar

Catégorie : Nouvelles

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Michel Côté

Je le dis souvent : « La traduction technique, c’est beaucoup plus organique qu’on ne le pense. » J’entends par là qu’on s’imagine souvent et à tort que le vocabulaire technique est bien établi et complet, que chaque textile dishtowel a son rectangle de toile à vaisselle et que toutes les réponses se trouvent quelque part sur Internet. Et je ne suis pas le premier à le dire. Claude Bédard, sommité de la traduction technique au Québec, en parle en long en large dans son livre, justement intitulé La traduction technique. En cette journée de formation edgarienne, quelques collègues et moi-même avons pu le voir décortiquer le sujet et dégonfler ce mythe qui fait si peur à trop de nos pairs.

En effet, le vocabulaire technique peut être impressionnant, mais il n’est pas moins malléable. Ne l’oublions pas : parfois l’auteur se trompe, utilise des synonymes ou pond son propre terme, et d’autres fois le texte porte tout simplement sur une technologie embryonnaire dont il n’est nulle part question dans les ouvrages et sur Internet. Rien n’est établi, rien n’est uniforme. Le traducteur ne peut pas toujours se fier à ses banques de données; il doit enrichir ses connaissances, c’est-à-dire chercher à comprendre les concepts pour être en mesure d’en manipuler le vocabulaire et parfois même de les réexprimer en pigeant dans son propre bagage terminologique.

Je pense qu’on s’est tous sentis un peu plus confiants après l’exposé de M. Bédard. Il a relaté plusieurs moments de sa carrière, rappelant que ça ne fait pas si longtemps qu’on se penche sur ce domaine en traduction. Il y a bien des lexiques et vocabulaires, mais peu d’auteurs abordaient la théorie, la façon de s’attaquer à la traduction technique dans son ensemble. Il nous a présenté différents procédés de traduction à appliquer pour nous démontrer que tout cela n’avait rien de si effrayant; il suffit de s’outiller un minium par la lecture… comme pour tout autre domaine au fond!

En fin de formation, nous avons légèrement abordé la TAO – la traduction assistée par ordinateur – en spéculant sur l’avenir du métier. Ça aussi, ça fait peur aux traducteurs. L’inconnu, le complexe. Mais cette peur est-elle justifiée ou est-ce que, comme pour la traduction technique, une connaissance du sujet et les bons outils ne nous permettront pas d’en tirer le meilleur?

 

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