Vingt-cinq ans plus tard, jour pour jour

4 janvier 2017

Par Fanny Jane

Catégorie : Articles

Ceux qui ont lu Le dernier Noël – et qui ont une bonne mémoire – s’en souviendront : lorsque j’avais sept ans, le Père Noël m’a fait pleurer. J’avais eu un choc, faut croire. Ma tante et ma grand-mère se rappellent à ce jour les mots que j’avais réussi à prononcer malgré les sanglots : I never thought it was real. En tant qu’aînée des petits-enfants, j’avais perdu la face et toute crédibilité.

Depuis quelques années, le réveillon du 25 décembre a lieu chez cette même tante, dans la même maison au pied de la même montagne. Et cette année, l’amour a fait en sorte que deux petits mousses de quatre et six ans se sont joints à nous. Mon cousin, qui n’était qu’un poupon lors du « dernier Noël », se déguisera en saint Nicolas.

Encore à table, les papillons font déjà la fête dans le creux de mon ventre. J’ai l’excitation empathique. Nous dirigeons tranquillement les enfants vers la fenêtre et commençons à leur faire croire que nous voyons l’homme barbu et tout de rouge vêtu sur le toit de la maison voisine. Ils nous confirment qu’eux aussi le voient. Parallèlement, le plus vieux me lance : S’il ne vient pas ce soir, c’est qu’il n’existe pas. J’en conclus que six ou sept ans, c’est un âge bicéphale. Celui où l’enfant peut tout à fait remettre une chose en question pour ensuite la laisser le duper. Magie!

Tout le monde est agglutiné au bord de la grande fenêtre. Soudainement, nous entendons une clochette, puis apercevons le Père Noël. Le vrai, en chair et en os. Les enfants se mettent à crier de joie, les adultes aussi. Je suis prise d’un fou rire, puis tout à coup… débordement! Je m’enfuis de la pièce et commence à pleurer. La seule chose que j’arrive à dire malgré les larmes : J’avais trop de joie dans mon cœur. Je suis toujours l’aînée des petits-enfants et j’ai encore perdu la face.

Mon mari est crampé. Moi aussi, par intermittence. Ma sœur, elle, est attendrie : je ne suis pas qu’une grosse brute, et à mon grand déplaisir, elle en a enfin la preuve.